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Dossier de presse
| no: 558-04
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Dossier de presse - Communiqué de presse - Théâtre Denise Pelletier - Saia Barbarese Topouzanov Architectes

Théâtre Denise Pelletier

Montréal, Canada

Saia Barbarese Topouzanov Architectes

1er Prix du Jury aux Prix d’excellence en architecture 2011 de l’Ordre des architectes du Québec dans la catégorie Conservation et Restauration


Montréal, Canada, 13-02-2011 - Le théâtre Granada construit en 1930 se situe dans l'ancienne municipalité de Maisonneuve, à l'angle nord-ouest du boulevard Morgan et de la rue Sainte-Catherine. Dans son voisinage des constructions luxueuses tel l'Hôtel de ville de C.L. Dufort ainsi que le Marché et le Bain Maisonneuve, toutes deux de M. Dufresne témoignent de la prospérité de la ville au début du siècle et du savoir-faire de ses architectes. Un style Beaux-Arts alors en vogue emprunte colonnes, arcades et motifs à l'Antiquité ou à la Renaissance. Dans cette foulée, le Granada n'échappe pas à la vague de cinémas nord-américains qui donnent l'illusion de palaces avec lustres, tentures, loges, fosses d'orchestre, dorures, faux marbres etc. Bref, tout un décor concourt à créer des ambiances pour des salles dites atmosphériques et qu'un Venturi n'hésiterait pas à qualifier de decorated sheds.

Dans le but de peaufiner un «Spanish Athmospheric design», les promoteurs confient le Granada à Emmanuel Briffa pour prendre la relève de l'architecte Emmanuel A. Doucet responsable de la phase initiale du bâtiment. Le décorateur chevronné signe également de nombreux théâtres dans l'est du Canada, près d'une vingtaine à Montréal (Imperial, Rialto, Outremont, Loew's etc.) à Québec, Sherbrooke, Saint-Hyacinthe.

À l'origine, dès lors que l'on aborde le théâtre, le ton est donné. La façade avant recouverte d'un parement de pierres artificielles, préfabriquées et de teinte beige reçoit un traitement élaboré. Son rectangle de base est couronné d'une corniche à modillons, d'une frise et d'un petit fronton où s'inscrit le nom Granada. Il se subdivise horizontalement en deux registres. Celui du rez-de-chaussée s'ouvre largement avec ses portes centrales abritées par une marquise légère et ouvragée et avec les vitrines des boutiques qui les flanquent. L'étage, plus haut que le précédent, en prolonge la subdivision verticale tripartite. Au centre, trois fenêtres renaissantes surplombent l'entrée avec, de part et d'autre, une fenêtre aveugle. Cette dernière, comme toute la subdivision qui l'englobe se trouve répétée une fois en façade latérale du côté du boulevard Morgan. Le reste du bâtiment reçoit de simples parements de briques. Il semble que le mur ouest attende un éventuel édifice accolé.

L'intérieur fastueux sera en accord avec l'extérieur. Après un vestibule plutôt sobre, on passe au travers du hall. Les moulures en arc surbaissé de son plafond à caissons retombent sur des consoles. Un foyer et une fontaine l'agrémentent. Le motif de pilastres redoublés des murs se trouvera, répété dans la salle tout comme les arcs en plein cintre ou surbaissés au-dessus des portes.

Le spectateur de 1930 à 1973 accède à la salle par un vomitorium qui l'amène en son milieu et où il dispose de 1685 sièges. Il a le choix de monter vers la salle de projection ou de descendre vers la scène. Une allée perpendiculaire et courbe lui donne accès aux issues de secours. Une petite loggia surplombe celles-ci. Elle vient interrompre les longues architraves qui courent le long de la salle et que supportent une série de doubles pilastres. Cette agencement se termine avec les pavillons qui flanquent la scène et magnifient son cadre richement décoré et arrondi aux angles. Une balustrade cache la fosse d'orchestre. Partout, les chapiteaux, les pilastres, les colonnes, les bases, les bandeaux s'ornent d'une profusion de figures de Dionysos et de satyres, de motifs de coquilles Saint-Jacques, de grappes de raisins etc, de fresques et de faux finis de marbre, d'or ou d'argent. Avant que le lourd rideau rouge d'amiante peint ne se lève, le spectacle est déjà commencé.

De cinéma à théâtre
Au fil du temps, le Granada change de vocation et de nom. La Nouvelle compagnie théâtrale se porte acquéreur de la bâtisse et du terrain adjacent en 1976. L'architecte Brodeur construit la salle Fred Barry contiguë et procède aux transformations qui satisferont aux exigences du Théâtre Denise Pelletier. En conséquence, il surhausse le volume au-dessus de la scène, agrandit celle-ci de deux travées et empiète d'autant sur la salle. Il transporte l'arc, lui donne une forme plate et en augmente les dimensions. La fosse d'orchestre, la salle de projection disparaissent de même que le vomitorium. Les pavillons latéraux et le profil du plancher sont modifiés. En haut, à l'arrière, deux entrées donnent sur deux paliers qui servent premièrement de transitions vers un nouveau foyer créé à l'étage et deuxièmement d'aboutissements aux escaliers à angles aménagés en lieu et place des boutiques d'origine. La marquise de 1930 transformée, dépouillée et alourdie en 1958 ne subit aucune restauration ou rénovation.

LE PROJET DE 2008-2009

Le mandat
L'usure du temps qui a passé de 1930 aux modifications de 1976 puis, de cette date à 2008, s'est fait sentir sur le Granada devenu le Théâtre Denise Pelletier. Certaines déficiences au niveau du fonctionnement, des angles de vision et de l'acoustique, des nouvelles normes ou techniques en matière d'installations scéniques requéraient une rénovation restauration. Le mandat confié à la firme d'architecture Saia Barbarese Topouzanov comportait donc deux volets: d'une part, préserver un héritage patrimonial et symbolique, d'autre part, pallier la vétusté des installations devenue évidente surtout depuis la dernière décennie.

Le parti
Dans un premier temps, une étude patrimoniale minutieuse met en lumière et hiérarchise les éléments dignes d'intérêt, leur état et les soins à leur accorder pour qu'ils recouvrent le lustre d'autrefois. Le parti adopté met en valeur l'ancien et lui fait côtoyer des interventions qui affichent leur actualité et le rôle qu'elles jouent dans le maintien de la vitalité du lieu.

L'extérieur
C'est ainsi qu'à l'extérieur, la maçonnerie de pierre artificielle de la façade principale est nettoyée et restaurée tandis qu'un méga bardage des panneaux en fibre-ciment pare maintenant la devanture de l'agrandissement de 1976. Les vitraux d'origine des fenêtres de l'étage sont confiés à un maître-verrier, les portes de chêne de l'entrée, à un maître-ébéniste. Une marquise lumineuse retrouve les dimensions et la légèreté d'autrefois mais évite d'en copier le décor. Là où le mur aveugle ouest avait attendu une construction, une baie vitrée pleine hauteur fait le pendant à l'ancienne vitrine ouverte sur le boulevard Morgan. Sa lourde traverse en oblique évoque le plancher en pente qui, autrefois, suivant les plans de l'architecte Doucet, achevait sa course contre la façade avant. Cette fenêtre, en bordure de l'escalier ouest, donne sur le parvis de la salle Fred Barry où s'inscrivent les mots, blancs sur noir, de l'installation due à l'artiste R.-M. E. Goulet.

Les escaliers, le hall et le foyer
A l'intérieur, les deux nouveaux escaliers des angles, à paliers et à volées perpendiculaires adoptent des dimensions généreuses. Ils mènent les spectateurs du rez-de-chaussée à l'étage, du hall au nouveau foyer. Il se franchit ainsi un écart de quelques quatre-vingts années, d’une salle basse à une autre plus élevée, d'un décor élaboré à un autre qui joue la sobriété des formes et les couleurs. Leur point commun reste leur plan rectangulaire ainsi qu'une dominante de la teinte terre de Sienne.

La salle
L'intervention majeure a lieu dans la salle de spectacle. Pour corriger et améliorer les angles de vision il faut surélever le parterre suivant de nouvelles pentes soigneusement calculées. Or, si Briffa avait réussi à contourner le problème de la diminution de la hauteur des colonnes latérales au fur et à mesure de l'élévation du plancher, la même astuce d'une architrave interrompue et rehaussée par après n'est plus applicable lorsque le décor est déjà planté et que la dénivellation s'avère encore plus forte. La solution retenue consiste à désolidariser les murs du nouveau plancher au moyen de deux allées de contour qui elles, retrouvent le niveau original, établissent deux liens discrets entre la régie et la scène et peuvent servir à l'évacuation des lieux. Les murs de 1930 restent tels quels. Seules les dernières travées retranchées par les soins de l'architecte Brodeur, tout en haut, servent, d'arrière-plan à la régie ouverte.

Le plafond
Les besoins de la production théâtrale exigent l'occultation des plafonds et des sources lumineuses. À cet effet, on utilise un bleu nuit uniforme et les appareils d'éclairage sont dissimulés et accessibles depuis les passerelles aménagées dans la structure du toit.

L'équipement
De nouveaux équipements techniques de sonorisation et de vidéo sont installés dans les deux salles du théâtre. Un monte-charge met en relation la scène et les ateliers avec l'étage du dessous où sont réaménagées les loges, les salles de répétition et de trappes ainsi que le magasin des inventaires. Un système de levage à contrepoids manuel remplace l'hydraulique. Électricité, chauffage, climatisation et ventilation désormais programmés en fonction des différents besoins et activités assurent un contrôle énergétique efficace et économique.

LE PATRIMOINE

Restauration et rénovation du décor
Le Théâtre Denise-Pelletier se retrouve maintenant à l'aise même si aucune des récentes interventions n'a fait subir de nouvelles altérations au décor du vieux Granada. Des soins minutieux et attentifs, différentes habiletés et connaissances de la restauration ont permis de redonner au cinéma la fraîcheur de son jour d'inauguration. Des moulages fabriqués dans des matériaux nouveaux et résistants ont remplacé, à l'identique, les plâtres écornés ou endommagés. Les peintures ont été rafraîchies tout comme les faux finis.

... « Des formes mi-végétales, mi-animales, des figures « sans nom » surgissent et se confondent selon le mouvement gracieux ou tourmenté de l'ornement. D’où un double sentiment de libération, à l'égard de l'étendue concrète, où règne la pesanteur et à l'égard de l'ordre du monde, que gouverne la distinction des êtres »1 De nouveau, les détails comme la thématique de l'ensemble, induisent une impression de rêve, de plaisir et de liberté que partagent et promettent tant le septième art que le théâtre. Le Théâtre Denise-Pelletier maintient sa vocation de « passeur ». Non seulement fait-il traverser le temps aux littératures du passé, les amène jusqu'au public, les offre à une nouvelle génération qu'il initie mais il devient encore « passeur » et gardien d'une architecture.

1. Chastel, 1988, p.25.

1930 : construction de la salle de cinéma Granada, 1685 sièges
1976 : transformation en salle de théâtre Denise Pelletier, 850 sièges
2008-2009 : rénovation et restauration
Coût de construction 2009 : 10,6M$
Superficie : 4560 m2 
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