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Dossier de presse
| no: 2042-02
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Dossier de presse - Communiqué de presse - Passerelle Claude Bernard - DVVD, Agence d’architecture, d’ingénierie et de design 
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Passerelle Claude Bernard

Paris, France

DVVD, Agence d’architecture, d’ingénierie et de design 

Un symbole du Grand Paris


Paris, France, 03-06-2016 -

Trait d’union sur le boulevard périphérique entre Paris et Aubervilliers, la passerelle Claude Bernard, signée de l’agence d’architecture, de design et d’ingénierie DVVD, est en service depuis le 2 octobre 2015. En symbiose avec son environnement, cette sculpture tout en courbes est un repère fort dans le panorama en pleine mutation de la Capitale.


Simple comme un coup de pinceau, élancée, la passerelle Claude Bernard franchit élégamment le boulevard périphérique, entre Aubervilliers et Paris. Une onde de bois de près de 100 mètres de long qui relie le Parc du Millénaire à la ZAC Claude Bernard, site emblématique s’il en est. Dans ce quartier en pleine transformation, étendard de la politique de développement du nord-est francilien, les immeubles de bureaux et de logements côtoient un cinéma, un EHPAD, une crèche, une école, des équipements sportifs, un pôle de transports multimodal (RER E, quatre lignes de bus, tramway 3 et T8) ou encore un parc et un centre commercial. Une richesse programmatique telle, qu’elle a imposé une réflexion renouvelée sur la densité, la mixité et la compacité, rehaussée d’une approche environnementale globale dans le respect des objectifs du plan climat de la Ville de Paris. Une mutation qui en entraîne une autre : celle du statut du périphérique, désormais pensé comme un boulevard urbain. Le défi était donc de taille pour entretenir cette dynamique locale par une passerelle. Elle se devait d’être plus qu’un simple ouvrage de franchissement, mais bien un élément fédérateur et symbolique. Mission parfaitement relevée par les architectes de l’agence d’architecture, de design et d’ingénierie DVVD.

Une prouesse technique
Un ouvrage technique comme une passerelle implique des contraintes qui sortent de l’ordinaire. La nécessité de perturber le moins possible la circulation automobile a par exemple nécessité une mise en œuvre singulière : après la pose des piles d’about avec leurs escaliers de part et d’autre, le tronçon central, entièrement revêtu de son enveloppe de bois et de son platelage, a été posé sur ses appuis définitifs en une seule nuit. Cette opération ardue a nécessité la mobilisation d’une grue mobile de très grande capacité, modèle quasiment unique en Europe. Celle-ci est venue se positionner sur le boulevard périphérique extérieur et s’équiper, en un temps record, des nombreux contrepoids nécessaires à l’augmentation de sa capacité portante, réaliser le levage et ensuite disparaitre pour rétablir la circulation sous le jour d’un nouveau franchissement. Toujours dans cette même idée d’optimisation, la définition de la géométrie de la passerelle en arc continu sans retombée et le calcul de sa charpente métallique ont été menés avec des outils numériques sophistiqués. Il fallait alléger sa structure, maîtriser le budget, économiser la matière première et rendre possible l’opération de levage. Le phasage de cette nuit de pose, le 14 mai 2015, a été planifié à la minute par la maîtrise d’œuvre et par les entreprises. La pose de la passerelle aura nécessité la coupure simultanée des voies du Boulevard périphérique extérieur et intérieur pendant 3 heures, opération jamais réalisée depuis l’ouverture de celui-ci. Cette mécanique de précision était étudiée en partenariat avec les services de la Ville de Paris et de la Préfecture.


Un élément de liaison naturel d’un usage simple
Le franchissement du boulevard s’effectue entre la rue Lounès Matoub – côté19e arrondissement parisien – et la voie située entre les constructions du parc du Millénaire à Aubervilliers, rendu soudain plus accessible par ce nouvel axe stratégique. La passerelle Claude Bernard prend son élan au sud, dans la continuité de l’espace piéton du parvis du cinéma, invitant au passage pour survoler le périphérique et venir se reposer délicatement au nord, logiquement dans le prolongement de l’angle formé par le bâtiment tertiaire récemment livré. Le cheminement proposé est simple, direct et lisible pour tous les promeneurs qui peuvent ainsi instinctivement emprunter les escaliers aux larges marches de part et d’autre de la passerelle ou les rampes paysagères qui proposent un accès plus doux et un déplacement aisé dans les deux sens de circulation pour les personnes à mobilité réduite, les vélos ou les poussettes.


« Notre première intention était de créer un lien visuel fort et continu entre les deux rives du périphérique. Elle conduisait naturellement à la forme en arc, évoquant la promenade, la traversée et la déambulation. » Daniel Vaniche


À mi-parcours, des placettes plus amples offrent des espaces de repos et des points de vue panoramiques. Une fois au-dessus du boulevard périphérique, l’ouvrage est conçu comme un espace unitaire accueillant les cycles et des personnes de manière indifférenciée, dans une disposition qui permet à tous de se côtoyer sans pour autant se gêner. La courbe en élévation de la passerelle s’accompagne d’une déformation du tablier en plan qui permet de relier naturellement les rues à chaque extrémité, offrant ainsi une continuité paysagère et de parcours. Toujours dans cette optique de prolongement naturel, la passerelle privilégie l’échelle de la rue : ses dimensions sont appropriables par le piéton, devenant ainsi un élément fort du maillage qui irrigue de manière plus fluide ce territoire. Cette évidence contextuelle rapproche visuellement et spatialement les deux rives du boulevard périphérique.


« C'est un projet urbain avant d'être un objet de design ou d'architecture. Une rue ou la prolongation de celle qui existe, un élément de maillage du territoire, une continuité spatiale et visuelle. » Daniel Vaniche


Technique et poésie peuvent aller de pair !
Afin de réduire la hauteur de l’ouvrage, son impact dans le paysage et d’affiner sa silhouette, la structure porteuse a été imaginée comme deux arcs tridimensionnels à inertie variable qui disparaissent dans l’enveloppe protectrice qui fait office de garde-corps. Cette solution augmente l’inertie des poutres et en réduit le poids. In fine, cette structure optimisée pèse moins de 270 tonnes pour économiser de la matière première, réduire l’impact écologique de l’ouvrage et pouvoir être levé par une grue. Ce choix abaisse aussi de plus d’un mètre le niveau de circulation des piétons. La structure est de part et d’autre et non sous le tablier, avec pour conséquence 20 mètres de rampe et 6 marches de moins de chaque côté. Et surtout une continuité de la perspective d’une rive à l’autre qui rend l’ouvrage plus urbain et moins imposant. Le squelette métallique disparait derrière l’enveloppe protectrice en bois qui joue avec la lumière. Sa transparence maintient un contact visuel entre les piétons et les conducteurs tout en conservant une distance. Il permet un dessin unique et identifiable.


« Les rampes sont intégrées dans le modelé d’une forêt linéaire qui enrichit le quartier d’une promenade inattendue. » Bertrand Potel


« L'enveloppe bois à claire-voie rassure d'abord par sa densité visuelle, puis surprend par ses courbes, pour enfin s'ouvrir sur le Boulevard Périphérique. » Bertrand Potel


Un balcon sur la ville
L’asymétrie des deux arcs de la structure rompt la monotonie de la traversée, scandée aussi par le rythme d’une résille de bois au double visage. Au milieu du boulevard périphérique, les lames sont ainsi plus resserrées et hautes, obstruant les vues angoissantes sur la circulation 6 mètres plus bas. Elles offrent alors aux promeneurs un espace intérieur dense plus protecteur vis à vis du bruit, de la vitesse ou bien de la pollution. À l’inverse, pour les visions transversales depuis le boulevard périphérique et les rives, le bardage, plus lâche, devient transparent : la passerelle se dématérialise. Cette combinaison de contraste et de dilatation multiplie les jeux de lumière et participe ainsi au dynamisme de l’ouvrage. Au fil de ses filtres successifs, la passerelle s’ouvre vers le ciel et le paysage alentour, permettant de déambuler, de s’arrêter librement, et d’offrir un balcon sur la ville. Un panorama inédit, sublimé à la nuit tombée par des luminaires intégrés à la structure.

Sa géométrie, sa forme et son habillage, rendent la passerelle Claude Bernard essentielle et indiscutable dans ce site, tant d’un point de vue fonctionnel que symbolique. Un ouvrage capital(e).

Fiche Technique


Localisation : Paris (19e)


Maîtrise d’ouvrage : SEMAVIP


Architecture, ingénierie, design 
DVVD : Paula Castro, Céline Cerisier, Vincent Dominguez, Toma Dryjski, Bertrand Potel, Louis Ratajczak, Daniel Vaniche, 

Chef de projet : Clément Carrière, Nicolas Didier


Entreprises : Segex / Razel-bec (gros-œuvre), Viry (paysage), Agrigex (charpente métallique)


Budget : (études et travaux) : 8,5 €HT, valeur 2012


Franchissement hors rampes : 98 mètres
Portée : 60 mètres
Largeur : 4 mètres
Charpente métallique : 120 tonnes
Surface : 392 m2


Platelage et bardage bois
Essence : 28,4 m3 de Chêne massif
Certification : PEFC
Provenance : Ile de France 


Concours : 2013
Études : 2013-2014
Chantier : 2014-2015
Livraison : 3 octobre 2015


Mise en oeuvre sur périphérique : 14 mai 2015
9 heures d'interruption exceptionnelle du traffic avec deux grues mobiles de 700 tonnes


6 Questions à François Dagnaud, Maîtrise d'Ouvrage SEMAVIP

Quelles ont été vos premières impressions à la pose de la passerelle Claude Bernard ?

« L’atterrissage » de la passerelle, dans la nuit du 14 au 15 mai 2015, réalisé dans un timing très serré, avait tout d’un spectacle saisissant et historique, mis en valeur par la fermeture du périphérique durant plusieurs heures, dans une ambiance à la fois concentrée et fébrile. L’ingénierie technique, dans sa précision au millimètre près, s’est mise au service de l’ambition urbaine : s’affranchir du périphérique pour relier deux territoires. Je salue le travail formidable des équipes de l’agence DVVD, mais également de la SEMAVIP, des entreprises et des services de la Ville qui ont donné le meilleur d’elles-mêmes pour mener à bien ce projet.

Comment pourriez-vous et comment voudriez-vous définir cette passerelle ?
Elle est à la fois un lieu – c’est un bel objet architectural qui existe par lui-même – et un lien qui articule et fait respirer ensemble deux quartiers de la métropole. Dans cet environnement minéral, la passerelle représente une ponctuation chaleureuse. Outre sa réussite esthétique, c’est un emblème concret du nouveau visage de la métropole, unissant les récents quartiers de Paris et de Seine-Saint-Denis.

Quelles ont été les retombées attendues et inattendues pour la ville de la mise en service de la passerelle ?
Inaugurée lors de la 14e édition de la Nuit Blanche, le 3 octobre dernier, la passerelle est entrée de plein pied dans l’esprit que nous souhaitons donner au quartier Rosa Parks-Macdonald : un quartier du XXIe siècle, résolument tourné vers l’innovation, en parfaite harmonie avec son passé industriel. Il est surprenant de voir avec quelle rapidité les habitants et les salariés du quartier se sont appropriés ce nouveau passage. Le premier flux d’utilisateurs de la passerelle s’est fait dans le sens Aubervilliers-Paris. Le Cinéma UGC a notamment été l’un des bénéficiaires de cette dynamique. C’est un véritable confort d’usage pour les métropolitains de pouvoir aller et venir et découvrir ce nouveau quartier, plein de promesses. Puis, l’ouverture de la gare Rosa Parks et l’installation du Ministère de la Justice notamment, et l’arrivée des nouveaux habitants des immeubles Macdonald par ailleurs, ont inversé le mouvement. Il est impressionnant de constater le flux d’usagers sortir de cette nouvelle gare, s’engouffrer sur le parvis de la gare et rejoindre le Millénaire. La mutation du quartier est le résultat d’un pari réussi, conjuguant les facteurs résidentiel, activités et déplacements.

Que pensez-vous des matériaux utilisés par l’agence DVVD ?
Le bois est devenu en quelques années un matériau tendance et promesse d’avenir. Il prend tout son sens sur cette passerelle, en y assurant une présence chaleureuse, un point d’ancrage où il devient possible de flâner, quelques mètres au-dessus des voies. Ce matériau vient effacer naturellement la coupure générée par le boulevard périphérique en s’intégrant parfaitement dans son environnement et en faisant écho à la forêt linéaire et à son installation artistique.

Que pensez-vous de la proposition de l’agence DVVD et vous attendiez-vous à ce type de projet ?
La passerelle proposée par l’agence DVVD offre un repère visible mais à l’échelle des rues et des piétons. Le fait qu’elle n’ait pas été pensée comme une construction monumentale a fait la différence. Elle permet d’effacer la rupture du boulevard périphérique en proposant une forme continue et élégante. La signature de l’agence DVVD s’impose sans s’opposer et offre un franchissement lisible par tous, fonctionnel et bien intégré dans son environnement urbain.

Quel retour avez-vous des habitants ?
Les habitants sont convaincus par la passerelle et se sont parfaitement appropriés cet ouvrage. Elle fait d’ores et déjà la fierté des riverains, figure en bonne place dans des blogs d’habitants et sur des forums d’urbanistes. Les usagers quotidiens et notamment les salariés ont, quant à eux, un regard moins affectif sur cet objet et en évaluent plus spontanément la praticité. Il nous est ainsi revenu un certain manque de visibilité des marches, dont la neutralité des teintes rend la distinction des contremarches difficile. Des ajustements seront à trouver, mais la passerelle a définitivement conquis son public.

4 Questions à l'entreprise Segex

Quelles ont été les grandes étapes de la fabrication de la passerelle Claude Bernard ?

On peut distinguer neuf étapes :
- la mise au point du projet et réalisation des études d’exécution
- la réalisation des fondations profondes (neuf pieux de 1 200 millimètres de diamètre sous chacun des quatre appuis de la passerelle)
- la réalisation des massifs béton des appuis de la passerelle (9 x 9 x0.8 mètres)
- la réalisation des murs de soutènements des rampes d’accès à la passerelle
- la préfabrication de la structure métallique en usine
- le montage de la structure métallique sur une aire du chantier
- l’habillage bois de la structure
- la pose de la passerelle
- le parachêvement et les plantations

Comment définiriez-vous la passerelle Claude Bernard ?
C’est à la fois un arc fin et élégant, une intégration réussie de la passerelle au paysage de la forêt linéaire qui la prolonge et un lien entre Paris et la commune d’Aubervilliers.

Quels ont été les défis techniques ?
Une des particularités du projet est la double courbure de la passerelle en plan et en élévation (horizontale et verticale). Cela a aussi été un défi opérationnel : la pose du tronçon central de la passerelle, déjà revêtu de son bardage, s’est déroulée en quelques heures, la nuit du 14 au 15 mai 2015, afin de perturber le moins possible la circulation sur le boulevard périphérique, ce dernier ayant été coupé dans les deux sens pour l’occasion, une première depuis 40 ans ! Cette opération a nécessité l’utilisation de deux grues mobiles de 700 tonnes de capacité. Au total, la structure pèse plus de 270 tonnes.

Comment s’est déroulée la collaboration avec l’agence DVVD ?
Cela a été une collaboration pleine et entière, que ce soit pour les études d’exécution ou pour la réalisation. Il y a toujours eu le souci partagé de la recherche permanente d’une solution – en ayant toujours à l’esprit de faciliter le travail de l’entreprise tout en respectant les choix architecturaux – et de travailler ensemble pour atteindre un but commun.


5 Questions à l'entreprise Viry

Quelles sont les grandes étapes du processus de fabrication ?

Pour réaliser la passerelle Claude Bernard, il a fallu, en préambule de toute fabrication, modéliser l'intégralité des pièces. À titre indicatif, le platelage et le bardage sont composés de plus de 10 000 pièces différentes, toutes modélisées. Ensuite, à partir des plans de ces pièces, le débit puis l'assemblage des différentes composantes de l’ouvrage ont été réalisés. Ainsi, la passerelle a entièrement été montée à blanc dans les ateliers Viry. Elle a ensuite été démontée par tronçons puis remontée sur le chantier. Pour parfaire le remontage, le gabarit atelier a été réutilisé pour permettre un contrôle total de la géométrie générale de l'ouvrage. Enfin est venu le moment du levage et du raboutage avec les escaliers. Cette opération a dû s'effectuer en une nuit.

Comment pourriez-vous et comment voudriez-vous définir cette passerelle ?
La passerelle est surprenante par sa courbure et son côté épuré. La continuité des formes rend son approche et son franchissement agréable. De plus, le tramage du bardage permet une transparence depuis l'extérieur, tout en conservant une certaine opacité depuis l'intérieur vis à vis du périphérique. Ce cocon de bois réalisé dans un matériau noble, le chêne massif, permet d’oublier, le temps du franchissement, que l’on survole le périphérique.

Quels ont été les défis techniques pour votre entreprise ?
Les principaux défis techniques ont été de deux ordres mais guidés par le même impératif : réussir à poser une passerelle de 100 mètres de portée en une nuit, au-dessus de l'axe routier le plus fréquenté d'Europe. Le premier challenge a été de gérer la courbure et de prévoir la déformation que la passerelle allait subir lors de sa pose. Pour ce faire, elle a été fabriquée contrefléchée, ce n'est qu'au moment de la pose qu'elle a pris sa géométrie définitive. Le deuxième défi a été de mettre au point un système de liaisonnement permettant de rabouter rapidement l’ouvrage tout en permettant des reprises d'efforts conséquents. Cela a été réalisé par le biais de brides et de tirants ayant un réglage angulaire et longitudinal.

Que pensez-vous de la proposition de l’agence DVVD et vous attendiez-vous à ce type de projet ?
La section du bardage aurait pu rendre l'ensemble trop massif mais il n’en est rien. Au contraire, l’ouvrage invite à la promenade et le bois protège le piéton des agressions extérieures. Il s'agit certainement d'une des plus belles passerelles piétonnes qu'il m'ait été donné d'emprunter.

Comment pourriez-vous qualifier votre collaboration avec l’agence DVVD pour la réalisation de ce projet ?
Malgré les difficultés liées à tous projets, il est à noter que notre collaboration avec l’agence DVVD a toujours été basée sur la confiance. Ce point est très important car il a permis aux différents intervenants de travailler sereinement et d’échanger de manière constructive. À ce titre, nous saluons le professionnalisme et les compétences techniques de Clément Carrière qui a su nous aider au mieux dans la résolution des divers problèmes techniques rencontrés.


AGENCE DVVD,
6 questions à Daniel Vaniche


Quelle est la particularité de DVVD ?
Notre travail repose sur l’idée de mêler ingénierie et architecture sans aucune barrière disciplinaire. L’agence a d’ailleurs démarré par un projet bien
particulier, une passerelle, à Evry, qui a été depuis primée à de nombreuses reprises. En effet, la conception d’un ouvrage d’art est, à mes yeux, un
exercice n’impliquant aucune frontière entre le dessin et la technique.


Comment cette gestion parallèle de la conception architecturale et de l'ingénierie influence-t-elle votre travail ? 
Tout d’abord, j’estime que la séparation des missions est un piège pour un architecte. Il se trouve aujourd’hui pris au sein d’un découpage entre maîtrise d’œuvre architecturale, maîtrise d’œuvre technique, maîtrise d’œuvre d’exécution. De fait, il est de plus en plus dans le dessin et de moins en moins dans la fabrication. En intégrant l’ingénierie mais aussi
le chantier dans notre pratique, nous pouvons davantage maîtriser le projet, en plus d’aller beaucoup plus vite au moment de la conception.


Pour autant, n'y-a-t-il pas le risque de voir l'ingénieur tenir le crayon de l'architecte ? 
Voilà qui implique une discipline. Nous faisons en sorte de pousser toujours plus loin les limites de l’architecture, par exemple en développant plusieurs
projets en parallèle pendant l’esquisse. L’ingénierie est parfois au cœur de l’idée de départ, mais elle peut aussi arriver après. Nous n’avons, sur ce point, aucune règle.


Est-ce par ailleurs plus facile dans ces conditions de gérer l'économie d'un projet ? 
La maîtrise de l’économie d’un projet est, selon nous, au cœur de la conception. Nous avons deux
économistes à l’agence, qui nous aident autant que nos ingénieurs à valider, en temps réels, les différentes
options du projet. Qui plus est, parmi nos ingénieurs, nombreux ont les compétences nécessaires pour
maîtriser parfaitement les coûts.


Cette spécificité de l'agence vous permet-elle d'accéder à des programmes particuliers ?
En effet, nous travaillons, par exemple, sur des projets complexes qui superposent des programmes
différents. Nous continuons aussi à travailler sur des ouvrages d’art, et avons récemment réalisé une passerelle, à Paris, au-dessus du périphérique. Nous
travaillons également des opérations de réhabilitation et de restructuration lourdes. Bercy en est l’exemple le plus significatif. Nous sommes également en train de concevoir la transformation de la salle Pleyel, à Paris, ou encore la salle des Arènes, à Evry.


En tant qu'ingénieur, travaillez-vous pour d'autres architectes ?
Même si nous signons des projets en notre nom, nous continuons à travailler pour d’autres agences. Cela nous permet d’échanger avec d’autres professionnels mais aussi d’explorer des matières nouvelles et des solutions alternatives. Nous ne nous limitons pas. En travaillant avec Jean Nouvel, MVRDV, Wilmotte & Associés ou encore Vincent Parreira et Stéphane Maupin, nous restons ouverts à différentes
formes d’architecture contemporaine. Avec Anthony Béchu et Tom Sheehan nous avons, par exemple, donné corps à la première tour métallique en France depuis des décennies. La tour D2 est ainsi, à La Défense, une œuvre composée à plusieurs mains. Elle
témoigne,en tout cas, de l’importance du travail d’ingénieur.



Présentation des 7 associés de l'agence DVVD


Basée à Paris, Daniel Vaniche et Associés - DVVD est une agence pluridisciplinaire d’architecture, d’urbanisme, d’ingénierie et de design. Elle regroupe aujourd’hui quarante personnes qui ont en commun un goût prononcé pour l’innovation et les réalisations de haute technicité. Nous intervenons en France et à l’étranger, sur des projets de grande ampleur ou plus petits, avec la même attention. Pour relever les défi s de demain, nous explorons de nouveaux champs de recherche et dépassons les approches conventionnelles, tout en se basant sur nos solides savoir-faire. En défi nitive, chacun de nos projets est unique, vivant, durable, repousse les limites et est capable de devenir un repère, autant pour ses usagers que pour la société et la culture dans lesquelles il s’inscrit.

Vincent Dominguez Co-fondateur, il a apporté son expertise à l’agence depuis le tout premier jour, tant en conception que maîtrise des savoir-faire, méthodes et techniques de chantier. Il se concentre principalement sur les équipements publics de grande ampleur. Sa vision d’ensemble et son attention aux détails infl uencent fortement la façon dont l’agence appréhende ses projets.

Daniel Vaniche Directeur général et fondateur des agences DVVD et Daniel Vaniche et Associés, Daniel Vaniche est ingénieur diplômé de l’École Nationale des Ponts et Chaussées et de l’École Polytechnique, et architecte DPLG. En charge de la direction et de la coordination des équipes, il dispose d’une forte expérience, tant en architecture qu’en ingénierie, associée à de réelles qualités de communication et de dialogue. Sa double expérience en d’études et en agence d’architecture l’a convaincu de l’intérêt de mélanger les compétences au sein d’une même structure.

Bertrand Potel Directeur de projet depuis les débuts de l’agence et à présent associé, sa démarche de travail permet la création de projets à forte identité, en recherchant des solutions solides et complètes sur la base de paramètres complexes. Avec une attention particulière aux aspects d’usage, de conception et d’organisation de l’espace, il excelle à maintenir un concept fort tout au long des différentes phases des projets, jusqu’à leur livraison.

Toma Dryjski Architecte et urbaniste, fondateur d’archi5, agence plusieurs fois primée, il a rejoint DVVD en 2015. Son expérience internationale l’a convaincu de la nécessité de dépasser les démarches conventionnelles en privilégiant une approche nouvelle créatrice de projets vivants, capables de répondre à des fonctions et usages imprévus. Son expertise couvre le développement de solutions innovantes et durables, de la conception de bâtiments jusqu’aux aménagements urbains complexes.

Louis Ratajczak A la fois ingénieur et architecte, sa riche expérience en projets complexes le conduit naturellement à être le référent de notre équipe d’ingénieurs, dont les objectifs de travail couvrent autant l’innovation structurelle pour les bâtiments et ouvrages d’art que la conception optimisée d’enveloppes. Il est également en charge de développer une ligne de conduite et des solutions nouvelles en matière de conception durable.

Paula Castro Architecte, elle gère de concert conception architecturale et sujets techniques, avec une attention particulière aux enveloppes des bâtiments et à leur qualité environnementale. Elle met toujours un point d’honneur à atteindre la plus haute qualité architecturale possible, tout en assurant le meilleur rendement pour les usagers et les clients, en réalisant une synthèse unique des solutions adaptées aux contraintes du programme, y compris planning et budget.

Céline Cerisier Titulaire d’un master en neurosciences et d’un certificat de formation en ressources humaines, elle a approfondi ses compétences au sein de différentes sociétés de services avant d’intégrer l’agence DVVD en 2006. Elle y a pris en charge la mise en place et le développement du pôle Administratif, Financier et Ressources Humaines des agences DVVD et Daniel Vaniche et Associés, en intégrant constamment l’évolution des deux sociétés.




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